Être moins qu’un chien c’est, dit Charles Mingus, être noir et musicien de jazz dans une Amérique blanche qui ne quitte l’indifférence ou le mépris de la communauté noire que pour piller ses valeurs culturelles. C’est, heurté aux refus et vexations, à la dépossession, comprendre très vite que, si l’on n’accepte pas de se plier aux codes esthétiques dominants, si l’on est porteur d’un monde aussi neuf et intransigeant que l’œuvre mingusien, l’on ne pourra jamais vivre correctement de sa (…)
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Années cinquante à deux-mille
Articles
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Moins qu’un chien
19 février, par Varoujan -
Transfert nocturne
2 octobre, par Varoujan« J’étais dans le vrai, j’étais dans le faux. Ce n’était plus l’hiver, et pas encore le printemps. Durant un laps de temps très long et bien court à la fois, toute chose se soumettait au transfert nocturne, toute chose était ici et s’en allait vers là. Ici, c’était le fleuve de l’écoulement du temps, là‑bas c’était le soleil noir et contagieux. L’éternité était retrouvée en dehors de la vie, et en dehors surtout du néant. » Paru une première fois en 1955 chez Gallimard, Transfert nocturne (…)
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Onction
5 mars 2020, par VaroujanPhiladelphie, un dimanche d’hiver, froid et humide. Le prêtre de l’église Saint-Serge se prépare pour la messe. Les fidèles arrivent petit à petit et garent leurs berlines américaines rutilantes sur le parking. Trois jeunes gens sont là, prêts pour une « opération ». « C’est une église ordinaire, très banale, construite dans le mensonge et l’ennui. C’est clair, tous les dimanches, les mêmes gens se réunissent, s’assoient à la même place, puis la douleur d’un péché, le sentiment d’avoir trahi (…)
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Tortilleur de tôle
3 avril, par VaroujanOn croit connaître Jean Prouvé. On évoque le proche de Charlotte Perriand et de Le Corbusier, le créateur de mobilier industrialisé dont les pièces alimentent désormais le marché de l’art. On célèbre l’inventeur de la tôle pliée, le pionnier du mur-rideau, le constructeur visionnaire qui transforma durablement l’usage du métal dans l’architecture.
Mais connaît-on vraiment l’homme derrière l’icône ?
À travers des textes rédigés entre 1944 et 1982 — conférences, articles, lettres, (…) -
Un brin de cœur tendre
17 avril, par VaroujanDans un tramway aux portes de Paris, deux exilés arméniens se rencontrent par hasard. Épraksé, femme massive et volubile, transporte avec elle un lourd paquet et tout un monde de souvenirs venus d’Istanbul. En face d’elle, Noraïr, jeune homme taciturne, semble vouloir échapper à toute attache. Entre ces deux inconnus s’engage une conversation faite de questions pressantes, de silences et de malentendus.
Au fil du trajet affleurent les traces d’un passé brisé : un morceau de journal imprimé (…) -
Dessiner le futur
25 octobre 2024, par VaroujanL’architecte brésilien Paulo Mendes da Rocha n’a jamais écrit d’ouvrage à proprement parler, sans doute parce qu’il considérait que la « pensée » de l’architecte s’éprouve exclusivement sur le terrain.
En revanche, l’homme engagé qu’il était a multiplié les prises de position et les écrits courts et incisifs. Ce recueil de textes, jusque-là inédits en français, est en cela d’un intérêt indéniable. Témoignage précieux sur son œuvre, il l’est aussi sur la société brésilienne de la seconde (…) -
Le livre de l’ornement et de la guerre
1er août 2003Une méthode qui chercherait à se tenir au plus près de son objet, et qui donc procéderait par nœuds, construisant de proche en proche un entrelacs, un pattern, une broderie. D’où par effet méthodologique le fait que ce livre ne commence pas et ne finit pas non plus — n’en finit pas : de faire des nœuds et dessiner des arabesques. Est-ce avec la violence, le don, le sacrifice, la beauté ou la sexualité que l’ornement s’enroule pour former un premier lien, une première attache ? Réponse (…)
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Papkèn
20 novembre 2024, par Varoujan« Et maintenant, dit Papkèn, nous sommes ici ensemble. Peux-tu me dire pourquoi tu as choisi ce lieu en Haute-Provence aride, cette ruine perdue sur une colline déserte ? »
Il ne s’agit pas ici d’une biographie du père de Ovannès Bodossakis, mais bien d’un récit nourri d’une trentaine d’années d’échanges complices entre un fils et son père dans le cadre d’une bâtisse de Provence. La chronologie s’efface au gré des souvenirs que suscitent un lieu, un parfum, une sensation ; le père va (…) -
Éthique du bâti
1er mai 2005« Je suis un bâtisseur, je suis un homme de chantier, bien plus qu’un théoricien, et c’est peut-être la raison pour laquelle je suis convaincu qu’il n’y a que l’œuvre effectivement construite qui puisse satisfaire aux attentes de la société. Tout compte fait, une œuvre construite est infiniment plus riche qu’un projet et pourtant je peux vous assurer que moi aussi j’ai des projets plein les tiroirs. » « La ville est la maison de l’homme. C’est le lieu qui correspond à la nature humaine, (…)
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Le Style international
19 avril 2018, par VaroujanC’est quelque temps après la célèbre exposition du Museum of Modern Art de New York « Modern Architecture : International Exhibition », qu’a paru en 1932 le livre de Henry-Russell Hitchcock et Philip Johnson The International Style : Architecture since 1922 qui en constitue le prolongement durable. Il s’agissait de faire connaître au public américain les développements récents de l’avant-garde notamment européenne ; les auteurs avaient pu observer lors de voyages les nouvelles recherches de (…)