Être moins qu’un chien c’est, dit Charles Mingus, être noir et musicien de jazz dans une Amérique blanche qui ne quitte l’indifférence ou le mépris de la communauté noire que pour piller ses valeurs culturelles. C’est, heurté aux refus et vexations, à la dépossession, comprendre très vite que, si l’on n’accepte pas de se plier aux codes esthétiques dominants, si l’on est porteur d’un monde aussi neuf et intransigeant que l’œuvre mingusien, l’on ne pourra jamais vivre correctement de sa (…)
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Jazz
Articles
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Moins qu’un chien
4 octobre 2018, par Varoujan -
Miles Davis
1er octobre 1991 -
Lady Sings the Blues
1er janvier 2002« Papa et maman étaient mômes à leur mariage‑ : lui dix-huit ans, elle seize‑ ; moi, j’en avais trois. Maman travaillait comme bonne chez des Blancs. Quand ils se sont aperçus qu’elle était enceinte, ils l’ont foutue à la porte. Les parents de papa, eux, ont failli avoir une attaque en l’apprenant. C’étaient des gens comme il faut qui n’avaient jamais entendu parler de choses pareilles dans leur quartier à Baltimore. Mais les deux mômes étaient pauvres, et quand on est pauvre, on pousse (…)
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Rire pour ne pas pleurer, Le Noir dans l’Amérique blanche
1er octobre 2002Cet ouvrage est un double reflet de l’Amérique de la première moitié du xxe siècle : c’est d’une part la parole noire à travers une centaine de textes de blues retranscrits et traduits et d’autre part la vision blanche des photographes qui ont sillonné les États-Unis dans les années trente et quarante. Les textes de blues ont été sélectionnés parmi plus de mille couplets enregistrés entre 1925 et 1960. Les photographies proviennent du fonds de la Farm Security Administration riches de (…)
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La France du jazz
1er mars 2002Dans le jazz, c’est-à-dire à la fois dans les musiques que ce vocable recouvre, dans les usages qui sont faits du terme et dans les projections dont il est le prétexte, se combinent la modernité technique et la spontanéité primitive, l’individualisme et la communauté, la décence pompeuse (Whiteman) et la sensualité débridée (Joséphine Baker), l’Amérique et l’Afrique. Ce livre n’est pas qu’une nouvelle histoire des débuts du jazz en France. Il se penche sur les manières de s’approprier sa (…)
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Straight Life
1er août 1982 -
Le champ jazzistique
1er juillet 2002Work Songs, Negro Spirituals, Gospel Songs, Blues, Funk, Rap, auxquels nous pourrions encore adjoindre le jazz afro-cubain ou celui, d’influence proche et moyen-orientale, qualifié de modal : succession infailliblement chronologique, quadrillage stylistique conforme de tout ce qui fait pourtant la tradition afro-américaine, sans solution de continuité, et donne la contexture de la plupart des musiques « populaires » apparues au xxe siècle. Or, ces expressions musicales foisonnantes, et (…)
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Fonctions sociales du blues
1er janvier 1999La fréquentation de la musique de blues passe le plus souvent par plusieurs niveaux de perception. Dans une apparence première, due sans doute à une assimilation trop rapide du blues aux negro spirituals et aux chants des esclaves, on s’attend à y trouver des exemples plus ou moins évidents de contestation, voire des incitations à la révolte. Au-delà de cette connaissance superficielle, le Noir que l’on rencontre dans le blues semble se résigner et prendre presque goût à son sort et le genre (…)
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Sidney Bechet
1er mars 1997Créole de La Nouvelle‑Orléans, Sidney Bechet (1897‑1959), tout au long d’une des carrières les plus riches de l’histoire du jazz, a élargi l’horizon stylistique de la clarinette et du saxophone soprano grâce à une technique rare, alliant une puissance de souffle sans égal et un intense vibrato au service d’une invention mélodique permanente. Figure hagiographique d’une tradition intouchable pour certains, parangon désastreux de la déchéance commerciale pour d’autres, ou encore musicien à la (…)
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Le jazz est-il encore possible ?
1er novembre 1986