Être moins qu’un chien c’est, dit Charles Mingus, être noir et musicien de jazz dans une Amérique blanche qui ne quitte l’indifférence ou le mépris de la communauté noire que pour piller ses valeurs culturelles. C’est, heurté aux refus et vexations, à la dépossession, comprendre très vite que, si l’on n’accepte pas de se plier aux codes esthétiques dominants, si l’on est porteur d’un monde aussi neuf et intransigeant que l’œuvre mingusien, l’on ne pourra jamais vivre correctement de sa (…)
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Jazz
Articles
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Moins qu’un chien
4 octobre 2018, par Varoujan -
Sidney Bechet
1er mars 1997Créole de La Nouvelle‑Orléans, Sidney Bechet (1897‑1959), tout au long d’une des carrières les plus riches de l’histoire du jazz, a élargi l’horizon stylistique de la clarinette et du saxophone soprano grâce à une technique rare, alliant une puissance de souffle sans égal et un intense vibrato au service d’une invention mélodique permanente. Figure hagiographique d’une tradition intouchable pour certains, parangon désastreux de la déchéance commerciale pour d’autres, ou encore musicien à la (…)
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Le champ jazzistique
1er juillet 2002Work Songs, Negro Spirituals, Gospel Songs, Blues, Funk, Rap, auxquels nous pourrions encore adjoindre le jazz afro-cubain ou celui, d’influence proche et moyen-orientale, qualifié de modal : succession infailliblement chronologique, quadrillage stylistique conforme de tout ce qui fait pourtant la tradition afro-américaine, sans solution de continuité, et donne la contexture de la plupart des musiques « populaires » apparues au xxe siècle. Or, ces expressions musicales foisonnantes, et (…)
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Rire pour ne pas pleurer, Le Noir dans l’Amérique blanche
1er octobre 2002Cet ouvrage est un double reflet de l’Amérique de la première moitié du xxe siècle : c’est d’une part la parole noire à travers une centaine de textes de blues retranscrits et traduits et d’autre part la vision blanche des photographes qui ont sillonné les États-Unis dans les années trente et quarante. Les textes de blues ont été sélectionnés parmi plus de mille couplets enregistrés entre 1925 et 1960. Les photographies proviennent du fonds de la Farm Security Administration riches de (…)
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Django
1er janvier 1998Dans la lignée foisonnante des Reinhardt, Django reste le plus emblématique des guitaristes dont les témoignages sonores, pendant plus de trente ans, reconstituent les étapes d’un destin musical exceptionnel. Ne négligeant aucune des évolutions stylistiques ou techniques — de la musique populaire au jazz, du swing au bebop, de l’acoustique à l’électrique — cette figure originale ne faillira jamais à une double exigence : la fidélité à l’appartenance manouche et la réponse, au sein du jazz, à (…)
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West Coast Jazz
17 septembre 2015« La West Coast, qu’est-ce que c’est ? » (Lee Konitz). —« C’est une étiquette, rien de plus. » (Hampton Hawes). — « Ça a été un pur accident. » (Chet Baker). L’appellation « Jazz West Coast » a toujours posé un problème à ceux-là mêmes qui étaient censés l’avoir créée. Une étiquette rejetée plus ou moins violemment que quelques-uns ont fini par accepter de guerre lasse. « On a toujours besoin d’un label » reconnaissait Shelly Manne. Apposer une estampille n’est guère difficile, les (…)
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Des musiques de jazz
1er décembre 1983 -
Espace Julien
18 avril 2024, par VaroujanD’Arthur H à Zebda, d’Archie Shepp à Zazie, l’Espace Julien a offert à toute une génération d’applaudir, dans une atmosphère unique, des milliers d’artistes, légendes comme stars montantes de tous les styles, de tous les ailleurs. Ce n’était pourtant, à ses débuts, qu’une simple Maison pour tous. Derrière ce succès ? Des professionnels pleins d’énergie et d’ambition, guidés par le plaisir du spectacle et le désir du partage. À l’heure de transmettre ce lieu emblématique qu’ils ont hissé à la (…)
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Parker’s Mood
1er janvier 1998Qui était vraiment Charlie Parker (1920‑1955), homme aux cent visages ? Personne, même parmi ceux qui l’ont côtoyé et aimé, n’a complètement réussi à cerner la complexité du personnage. Reconnu très tôt parmi ses pairs, surnommé d’abord Yardbird puis Bird, comme l’oiseau qui a su faire chanter le jazz, Parker a toujours entretenu cette dualité entre la perfection sans faille d’une œuvre et les contours psychologiques d’une existence chaotique, souvent irrationnelle, dans le plus profond (…)
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Bessie Smith
1er juin 1994