Habitat / Ressources

André Ravéreau

Le M’Zab, une leçon d’architecture

Préface de Hassan Fathi, photographies de Manuelle Roche  

Collection : Architectures
240 × 225 mm, 192 p., nombreuses illustrations (photographies et dessins), 2020.
ISBN 978-2-86364-360-0
Prix : 34 €

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Territoire constitué de vingt-cinq kilomètres zigzaguant dans un chapelet d’oasis, le M’Zab réunit cinq villes, dont la superbe Ghardaïa. Fondées comme refuges fortifiés par les Ibadites, une minorité persécutée de l’islam entre 1012 et 1350, ces cités présentent une unité et une adaptation aux contraintes du milieu telles qu’elles furent des sites fétiches pour les architectes – du Mouvement moderne en particulier. Dès son premier voyage dans cette région du Sahara algérien en 1949, André Ravéreau tomba amoureux de ces lieux à l’architecture traditionnelle préservée, exemple, à ses yeux, de beauté et d’équilibre.
Le M’Zab, Une leçon d’architecture, qui réunit des textes majeurs de l’architecte et de magnifiques photographies couleur et noir et blanc de sa compagne, Manuelle Roche, paraît en 1981 alors que l’Algérie l’avait déjà appelé de nombreuses fois pour y conduire tant des expérimentations personnelles que des missions officielles. Il a alors longuement observé et étudié l’architecture spécifique du M’Zab, dont l’intimité qu’elle entretient avec les hommes et le milieu naturel l’a toujours fasciné. Chapitre après chapitre, il en décrit les éléments constructifs (plâtre, escalier, enduit…) et les grands principes (géométrie, formalisme, etc.), à la manière d’un dictionnaire critique. S’y déploient à la fois une monographie précise de ces lieux millénaires, une leçon d’architecture écologique (qui, avant l’heure, valorise l’adaptation au milieu, l’emploi des matériaux locaux, etc.) et, in fine, une critique de l’architecture occidentale qui en dénonce la course vaine au prestige et à l’inventivité.
Cet ouvrage se conçoit comme la « leçon » d’un des plus grands architectes du XXe siècle à ses contemporains ; un homme d’exception qui avait pressenti les désordres de la terre et des villes qui sont notre réalité d’aujourd’hui. Une leçon d’architecture « située » et « démocratique », appelant à effacer l’artifice pour se consacrer à la construction et à sa « pureté ».